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À LA RENCONTRE DE FOCAL- HAITI 19 NOV 2016

Publié par bloncourt

À LA RENCONTRE DE FOCAL- HAITI 19 NOV 2016

INTERVENTION DE GERALD BLONCOURT

 

HONNEUR ET REPECT,

 

Le spectacle auquel je viens d’assister est splendide. Je félicite l’auteur et toute son équipe de musiciens, qui ont su avec force, mettre à jour les grandes idées que nous avons défendues au cours de la période des « 5 GLORIEUSES » en 1946.

 

Merci de transmettre, avec autant de talent, la mémoire de nos combattants.

 

Merci à FOCAL qu m’accueil.

 

Je voudrais rendre hommage à ceux et celles présent ici ce soir. Vos visages, vos regards, me transmettent la vaillance de notre pays.

Gloire à toi, mon peuple d’Haiti tout entier.

 

Je voudrais citer trois noms et les joindre à notre espoir.

 

Jacques Stephen Alexis, immense écrivain, victime des sbires de Duvalier, dont la dépouille ainsi que celle de ses camarades n’ont jamais été retrouvées.

 

Isabelle Repiton, ma compagne ici présente, qui a fait de moi un jeune papa. Depuis 29 ans, elle m’accompagne, me soutien, l’encourage et me protège.

Grâce à elle

 je tiens encore debout. Merci de t’être lié aux luttes pour Haiti.

 

Maman Dédé, ma nourrice, file d’un pêcheur de Miragoâne, qui nous élevé, mes frères et moi, dans le respect des autres.

Toute mon amitié et ma solidarité !

 

Gérald BLONCORURT

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PORT-A​​​​​​​U-PRINCE LE 18 NOVEMBRE 2016

 

APPEL DE GERALD BLONCOURT AUX NOUVELLES GENERATIONS D’HAITI

 

Natif-natal de Bainet, Haiti, le 4 Novembre 1926, je suis revenu au pays après 40 années d’exil, en 1986, dès la chute de Duvalier.

 

J’en suis à mon onzième voyage, invité par l’Institut Français, les Ateliers Jérome, FOCAL, Le Nouvelliste, et d’autres prestigieuses organisations en tant que l’un des 7 membres fondateurs du CENTRE D’ART en 1944 qui fut à l’origine de l’explosion de Peintres du Merveilleux, dont les œuvres inondent le pays, le collections les plus importantes et les musées du Monde.

 

Je fus l’un des leaders des « 5 GLORIEUS » qui mirent fin au pouvoir de l’époque.

 

Nous voulions une Haiti Libre et Démocratique. Débarrassée du carcan de l’Impérialisme Yankee.  Fidèle à ses origines révolutionnaires de 1804 qui fut la première victoire contre l’esclavage.

 

J’ai retrouvé un grand peuple courageux et digne, faisant face à l’adversité.

 

J’appelle les jeunes à s’instruire, à se cultiver et à s’organiser.

 

Les merveilleux artisans doivent  mettre en place de puissants syndicats à l’abri des compromissions et de la corruption. 

 

J’appelle les enseignants à poursuivre leur tâche. A lutter contre les scandales qui gangrènent leur profession. Par exemple mettre en lumière des personnages qui touchent illégalement des salaires sans jamais travailler. Il faut les dénoncer nommément sur les murs de nos cités afin que le peuple en soit informé. Il faut éditer des tracts et manifester devant leurs demeures.

 

J’appelle les intellectuels, les écrivains, les créateurs, les artisans, les travailleurs et même les chômeurs, à créer des plates formes sociales susceptibles déboucher sur une Haiti où s’affirmera enfin ce début de démocratie.

 

Tous ensemble vous parviendrez à constituer ce Front pour obtenir la justice sociale.

 

Il faudra un jour rééditer, sinon s’inspirer des « 5 GLORIEUSES » pour bâtir cette Haiti dont nous rêvons tous.

 

« LIBERTÉ OU LA MORT » était la devise de nos ancêtres ainsi qu’Égalité et Fraternité.

 

Il faut qu’elle soit au centre de nos actions.

 

Noirs, mulâtres, quarterons ou blancs nous sommes tous frères, des êtres humains, respectueux les uns des autres.

 

À toutes et à tous courage. Kenbe fem pas lage !!!

 

Vive Haiti

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Gérald BLONCOURT

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GERALD BLONCOURT

15 NOVEMBRE 2016

À L’AMBASSADE DEFRANCE

 

Madame l’Ambassadeur de France,

 

Je vous remercie de m’accueillir ainsi que ma compagne Isabelle et mes filles Ludmilla et Morgane.

 

Nous sommes ici en France. Dans cette France éternelle, cette France des Droits de l’Homme, cette France Républicaine. Et, malgré les contradictions, les vicissitudes, quelques fois encore les relents d’un certain colonialisme, nous saluons cette terre d’accueil, de générosité, de courage et de liberté. Cette terre dont LE SIECLE DES LUMIÈRES  a inondé le Monde.

 

Je remercie aussi Monsieur Jean Mathiot, directeur de l’Institut Français, Madame Mireille Perodin Jérome, et toutes celles et ceux qui ont participé à ma venue. FOCAL, le NOUVELLISTE et les autres organisations.

 

J’en suis à mon onzième voyage en Haiti depuis 1986. Mon dernier ayant été consacré à l’année de la célébration de Jacques Roumain avant le terrible tremblement de terre  qui a ravagé le pays.

 

J’ai retrouvé Jacmel, mon vrai berceau où j’ai vécu jusqu’à dix ans.

 

J’avais peur de retrouver mon pays désespéré et abattu. Je suis ému de le retrouver debout. Je ne saurais dire à quel point j’admire son courage et sa dignité, sa créativité et ces multiples formes de dire OUI à la Vie.

 

Il y a trois jours j’étais à Bainet lieu de ma naissance. De novembre 1926 à novembre 2016, cela fait 90 ans que je suis au Monde.

 

J’ai revue la rivière Moreau aux écailles d’argent dont je parle dans un des mes livres.

 

Nous avons été rapidement entouré par de nombreux jeunes qui sont demeurés surpris quand je leur ai montré ma carte d’Identité où sont inscrits NÉ A BAINET EN HAITI. Elle a passé de mains en mains déclenchant sourires et regards chaleureux. Je ne peux que dire MERCI à tous mes compagnons de 1946.

Jacques Stephen Alexis, René Depestre, Gérard Chenet, Georges Beaufiis, Théodore Baker, Rodolphe Moise, Magloire St-Aude et tant d’autres.

 

Nous avons marché côte à côte, face aux forces de répression pour obtenir au bout de cinq jours, LES CINQ GLORIEUSES, le départ du pouvoir politique de l’époque.

 

Je remercie Dewitt Peters qui est à l’origine du Cnetre d’Art, Geo Remponneau, Maurice Borno ; Albert Mangonès, Luce Turnier qui ont partcicipé à cette création. J’en profite pour saluer Marie José Nadale, peintre, avec laquelle j’ai publié LA PEINTURE HAITIENNE en 1986. Il est hélas devenu un livre rare.

 

Je remercie toutes ceux qui ont édité notre glorieux  journal LA RUCHE. Tous les étudiants de ‘époque. Aussi les populations des bidonvilles de la Saline et de Bel-air, qui ont massivement répondu à notre appel soutenant le mouvement révolutionnaire qui aspirait à une Haiti juste et démocratique, débarrassée de l’Impérialisme Etats-Uniens. Qui voulait bannir l’iniquité, la corruption et la misère.

 

Je remercie mes amis de l’exil, Paul Barron, Elliott Roy, Ulrich Joly, Max Bourjoly, Toto BIssainthe, Mimi Barthelemy et tant d’autres.

 

Tous les jacméliens , dont Gerard Pierre-Charles, Suzy Castors. 

Aussi le petit mendiant rencontré en 1986 au détour d’une rue à Pétion-Ville, dont je garde encore le souvenir de ses yeux-diamants, luisants d’espérance en une vie meilleure.

 

Tous nos grands écrivains restés au pays, Lionel Trouillot, Yanick Lahens et tant d’autres. Ceux du Québec dont l’un d’eux Dany Laferrière siège aujourd’hui à l’Académie Française. Mon éditeur Rodnay St-Eloi de Mémoire d’Encrier, mes amis Jean Durosier Desrivières, James Noël, Robert Berrouet Auriol, Sito Cavé.

Aussi Jean-Claude Charles qui nous a quitté, et Emile Olivier.
 

Tous les peintres et créateurs haïtiens.

 

Je cite Philomé Obin, pour ne citer que lui, et qui fut au départ de l’explosion des Peintres du Merveilleux.

 

Ronald Meus qui poursuit une carrière admirable mêlée à une profonde solidarité auprès des enfants qu’il aide et réconforte.

 

Je remercie mes parents d’Haiti, de New-York, de Guadeloupe, et de Porto-Rico. Ti-Franck Bloncourt, son épouse Marie Follet, leur fils et leur fille Fudjika qui va nous rejoindre demain, venant spécialement nous retrouver de Montréal.

 

Je n’oublie pas Sylvie Bajeux et les membres de notre Comité qui mène le combat pour que les crimes des Duvalier soient dénoncés et jugés. Qui font connaître nos martyrs, les 60.000 victitimes d’une dictature guignolesque et sanglante et ses crimes commis à Fort-Dimanche.

 

À vous encore merci, Madame l’Ambassadeur qui poursuivez ici les grandes solidarités de votre pays.

 

Je terminerai en remerciant ma compagne Isabelle qui a fait de moi un jeune papa, Morgane, dont les 25 ans s’auréolent déjà par la découverte d’Haiti. Merci de m’avoir convaincu de revenir, car je craignais de revoir un pays triste et désemparé. J’ai retrouvé avec admiration un peuple debout, courageux et digne.

Merci à ma fille Ludmilla qui me ressemble tant. Elle est déjà conquise par sa découverte du pays et voudrait y revenir bientôt.

 

Je remercie toutes celles et ceux qui m’entourent ce soir ranimant en moi un amour immense en cette terre dont j’ai gardé intactes mes racines faisant de moi un arbre et ainsi que le disait mon frère de luttes et d’espérances, Jacques Alexis :

LES PEUPLES SONT DES ARBRES. ILS FLEURIRONT A LA BELLE SAISON…

 

Je suis de ceux, comme a pu le dire Gabriel Peri, devant le peloton d’exécution nazi, qui croit et croiront jusqu’au  bout « AUX LENDEMAINS QUI CHANTENT »…

 

 

Gérald BLONCOURT